Dans le roman de Michel Seonnet, la consigne de l’atelier d’écriture est Si j’étais un arbre... Le bip est sagement positionné à la verticale dans le sac d’Éric Sasserno, l’auteur qui intervient avec des femmes en centre de détention. A aucun moment, il ne sera bousculé pendant que l’écrivain est pris en otage par Bidji qui ne demande ni une caisse, ni un hélicoptère, ni même de l’argent pour s’évader. D’ailleurs, elle ne veut pas s’évader, Bidji, elle exige des excuses pour l’humiliation d’une sœur de l’extérieur qu’un immonde bouffon utilise à des fins politiques. Si le boîtier était tombé, si Marc Sasserno n’avait pas apporté de ficelle pour accrocher les textes des détenues, mais surtout si l’immonde Euzaide ne s’était pas senti le droit et le pouvoir de ricaner à la télévision, l’atelier d’écriture aurait poursuivi son quotidien et une forêt d’arbres aurait envahi la salle, libérant un peu d’oxygène pour les respirations entravées.
Mais les petits hommes politiques racistes et fascisants étant ce qu’ils sont, leur pouvoir de nuisance s’insinue partout, dans les cerveaux et dans les corps, dedans comme dehors. Bidji, tout juste sortie du mitard, demande réparation au nom de toutes celles que les salauds piétinent. Mais comme le titre de Michel Seonnet le laisse entendre...
Michèle Pedinielli est autrice de romans policiers parus aux éditions de L’Aube